L’Aleurode floconneux ( Aleurothrixus floccosus Maskell): on le reconnaît aux nymphes jaunes recouverts d’une masse laineuse blanche plus ou moins dense. Les adultes sont blanchâtres et portent les ailes couchées sur le corps. Les ailes, recouvertes de cire blanche sont à l’origine de la dénomination: mouche blanche. Les œufs, sessiles, sont disposés en arc de cercle sur la face inférieure de feuilles déjà bien formées. Les adultes émergent de l’exuvie nymphale par une fente de déhiscence en forme de T.
La femelle dépose une cinquantaine d'œufs en arc de cercle en faisant une rotation autour de son rostre. Les larves L1 (premier stade), aplaties et ovales, sont mobiles. Rapidement, elles se fixent et perdent leurs pattes. La dynamique des populations d’Aleurothrixus floccosus est fortement corrélée aux poussées végétatives.
En cas de pullulation, les larves, qui sucent une grande quantité de sève, rejettent du miellat qui servira de milieu de développement pour la fumagine. Ce feutrage noir recouvrant les filaments sécrétés par les aleurodes, peut fortement limiter la photosynthèse.
En Guadeloupe, Aleurothrixus floccosus
semble très bien contrôlé par de nombreux micro-hyménoptères (micro-guêpes) Chalcidiens (Aphelinidae notamment). Les taux de parasitisme sont souvent proches de 100%. La préservation de ces auxiliaires endémiques est essentielle car il faut savoir que des populations d’A. floccosus non régulées prolifèrent considérablement et favorisent la formation de fumagine.
Dans les années 70, A floccosus
a causé d’énormes problèmes à l’île de la Réunion en raison de l’absence d’auxiliaires spécifiques. L’introduction d’un Chalcidien Aphelinidae ( Cales noacki
Howard), a été nécessaire. Deux ans après les premiers lâchers, une diminution notable des niveaux de populations a pu être constatée (Etienne, 1978).
Etant donné l’excellent taux de parasitisme vis-à-vis d’ Aleurothrixus floccosus
, il est impératif de préserver les micro-guêpes indigènes.
Il faut au préalable observer les arbres infestés, en prélevant des feuilles attaquées. En cas de parasitisme, on distingue avec une loupe x10 les trous d’émergence des Chalcidiens adultes.
Si aucun parasitisme n’est constaté (consécutivement à l’utilisation d’insecticides à large spectre, comme certains organophosphorés), il est possible d’introduire des parasitoïdes (en déposant des feuilles d’agrumes portant des larves parasitées).
Cette espece d'Aleurode est parasite par une micro-guepe, suffisamment efficaces pour éviter des pullulations du ravageur. (longueur : 2 mm) © F. Leblanc (Cirad)
Les aleurodes sont des mouches blanches (en fait, ces insectes piqueurs-suceurs sont apparentes aux pucerons) qui pondent leurs œufs sur la face inferieure des feuilles. © F. Leblanc (Cirad)
Lors de pullulations, les larves d'Aleurothrixus floccosus forment un amas blanc laineux sous les feuilles. De plus, elles excretent du miellat sucre sur lequel se developpe un champignon noir recouvrant feuilles et fruits: la Fumagine. © F. Leblanc (Cirad)
On trouve de nombreuses espèces d'Aleurodes dans les vergers, mais elles sont sans conséquence sur la production. On trouve par exemple l'aleurode noir : Aleurocanthus woglumi. (longueur : 1,5 mm) © F. Leblanc (Cirad)
Des prédateurs discrets, telle cette coccinelle qui consomme les œufs d'un Aleurode floconneux, contribuent à la régulation biologique d'un insecte pouvant devenir un important ravageur des agrumes en Guadeloupe. (longueur : 2,5 mm) © F. Leblanc (Cirad)
Fiche réalisée en 1998 par F. Leblanc (Cirad), P. Fournier (Cirad) et J. Etienne (Inra).
Fiche actualisée en 2005 par F. Le Bellec (Cirad).
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